• 7 avril 2021

Note de synthèse trimestrielle

Note de synthèse trimestrielle

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Photo © Adam Nieścioruk

Macroéconomie : les perspectives d’activité sont celles d’un rebond dans les prochaines semaines

Après avoir été meilleure qu’attendue au 4ème trimestre, la croissance mondiale a fait preuve de résistance au 1er trimestre malgré une nouvelle dégradation de la situation sanitaire. Au-delà, les perspectives s’améliorent nettement avec la vaccination. Ainsi, la croissance mondiale est appelée à rebondir dès le T2 avant d’accélérer et s’établir proche de 6.5% en 2021 selon nous (soit 1pt au-dessus du consensus).

Si la croissance européenne devrait à nouveau flirter avec la stagnation au T1 suite au durcissement des mesures de restriction de mouvements, le dynamisme du secteur manufacturier (l’enquête PMI a atteint des niveaux records en mars) et le redressement de l’activité dans les services permettent d’écarter le risque d’une nouvelle forte contraction. Pour autant, la résurgence des nouveaux cas et la lenteur de la campagne de vaccination ne permettent pas d’envisager de rebond durable de l’activité avant mai prochain. Au total, la croissance pourrait approcher les 5.5% cette année (vs 4.2% pour le consensus). Parallèlement, l’inflation a de nouveau accéléré en mars à +1.3% sur un an. Alors certes les pressions vont rester haussières à court terme, mais elles n’en restent pas moins temporaires (la BCE n’a revu que marginalement ses attentes d’inflation pour 2023 de +0.1pp à 1.3%) et ne justifient pas de changement de politique monétaire.

Aux Etats-Unis, après probablement une hausse en rythme trimestriel annualisé de plus de 5% au 1er trimestre, la croissance américaine va bénéficier de 2 atouts : (i) le succès de sa campagne de vaccination (30% de la population a déjà reçu au moins 1 dose) permet de lever progressivement les mesures de restrictions avec un effet quasi-immédiat sur la mobilité et l’activité ; (ii) l’approbation par le Congrès d’un plan de relance de 1 900 mds de dollars (environ 10% du PIB). Au total, il est raisonnable de tabler sur une croissance supérieure à 7% en 2021. Cela a alimenté les craintes de surchauffe et une hausse des anticipations d’inflation à court terme qui complique la communication de la FED. Celle-ci a revu à la hausse ses attentes de croissance 2021 à 6.5% et dans une moindre mesure ses attentes d’inflation (+0.4pp à 2.2%). Au total, si la FED ne prévoit pas de hausse de taux de taux court en médiane pour 2023, sa fonction de réaction n’est pas aussi claire qu’on l’aurait souhaité et une hausse de taux est en moyenne pricée à 25% par le marché pour fin 2022 et intégralement pour fin 2023.

Marchés : les actifs risqués ont progressé au T1 malgré une forte hausse des taux américains

L’appétit pour le risque est resté globalement élevé sur la période malgré quelques tensions ponctuelles (Gamestop, Archegos hausse rapide des taux réels…), et les actifs risqués ont progressé pour le 4ème trimestre consécutif. Une hausse qui s’est faite malgré le repricing très substantiel des taux US ces dernières semaines.

Sur le marché des taux, la hausse du rendement à 10 ans américain s’est accélérée (+83pb à +1.76%, un plus haut depuis début 2020). Une hausse qui doit s’apprécier au regard de la baisse de 100pb au total en 2020 et qui s’est en partie répercutée sur les taux européens : le rendement à 10 ans de l’OAT s’est tendu de +30pb à -0.05%. Sur le marché du crédit corporate, le spread HY s’est écarté de 13pb sous performant le crédit IG (+5pb). Sur le marché actions, le MSCI monde (en dollars) affiche une hausse de 4.2%, après 14% au T4 2020. Globalement, les pays développés ont surperformé les pays émergents (durcissement des conditions financières en dollars, recul de la Chine) et l’Europe et le Japon ont surperformé les Etats-Unis. Le Topix progresse de 8.3% vs 7.7% pour le stoxx large européen et 6% pour le S&P 500 pénalisé par la hausse du dollar. Le MSCI EM affiche une hausse plus limitée (+3.6%) et la Chine stagne (-0.4%). Les attentes de BPA 2021 ont été revues en hausse de 5.4% aux Etats- Unis (+3.2% en Europe). Si les valorisations (PE 12 mois forward) US sont restées globalement stables, elles ont légèrement progressé en Europe. Enfin, le pétrole a continué de progresser (+23% à 64 dollars le baril).

Achevé de rédiger le 2 avril 2021.