• 5 novembre 2019

MACROÉCONOMIE ET MARCHÉS – SYNTHÈSE DU MOIS DE OCTOBRE 2019

MACROÉCONOMIE ET MARCHÉS – SYNTHÈSE DU MOIS DE OCTOBRE 2019

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Macroéconomie : des signes d’amélioration qui demandent à être confirmés

Certains signes de stabilisation de la croissance mondiale sont apparus en octobre tant au niveau des données d’activité (les ventes de semi-conducteurs continuent d’accélérer, le trafic dans le canal de Suez progresse) que des données d’enquêtes (les PMI manufacturiers ont montré des signes d’amélioration dans toutes les zones). A cela s’ajoute la trêve conclue entre les Etats-Unis et la Chine qui a permis de sursoir à la hausse de 5pp de 25 à 30% des taxes sur 250mds de dollars d’importations chinoises initialement prévue le 15 octobre. Parallèlement, les banques centrales mondiales ont poursuivi leur assouplissement permettant une détente des conditions financières au niveau mondial.

Aux Etats-Unis, la croissance a surpris à la hausse au 3ème trimestre à 1.9% en rythme trimestriel annualisé (vs. 1.6% attendu et 2% au T2). Une performance à mettre au crédit de la consommation des ménages (+2.9%) qui a permis de compenser la contraction pour le 2ème trimestre consécutif de l’investissement des entreprises (-3%).

Parallèlement, le déflateur sous-jacent des dépenses de consommation a légèrement baissé en septembre à 1.7% sur un an. En octobre, l’ISM manufacturier a rebondi pour la 1ère fois depuis mars dernier et la robustesse de l’emploi (+128k) et des salaires (3% sur un an) a surpris. Dans ce contexte, la FED a réduit son taux directeur de 25pb à 1.75%, son niveau de mai 2018. Elle a en revanche légèrement altéré son discours pour suggérer dorénavant le maintien des Fed funds à leur niveau actuel, réduisant les attentes du marché à moins de 10% de probabilité de baisse en décembre.

En Zone euro, la croissance a également été, marginalement, plus forte qu’attendue à 0.8% en rythme trimestriel annualisé comme au T2. En France, la croissance a légèrement ralenti passant de 1.4% à 1.2% pénalisée par le commerce extérieur (-0,4 point de contribution). En revanche, la consommation des ménages et l’investissement des entreprises ont accéléré et la demande intérieure est restée robuste à 2%. La croissance a accéléré en

Espagne et si les chiffres en Allemagne et Italie ne sont pas encore connus, ils devraient tourner autour de 0. En parallèle, le marché du travail se maintient avec un taux de chômage à 7,5%, son plus bas niveau depuis la crise financière de 2008 et le PMI composite de la zone a touché un plus haut de 2 mois en octobre. Néanmoins, le dernier indicateur du sentiment économique de la Commission Européenne continue son lent recul et revient sur sa moyenne longue et l’inflation reste désespérément faible à 0.7% sur un an (1.1% hors alimentation et énergie).

La dernière réunion de la BCE sous la présidence de M. Draghi n’a pas réservé de surprise significative, le taux de dépôt a été maintenu à -0.50% et le discours a été modérément accommodant. Au Royaume Uni, incapable de faire passer au Parlement l’accord qu’il a obtenu des européens, B. Johnson s’est vu contraint de demander un nouveau report. Celui-ci étant de 3 mois, il permet l’organisation d’élections législatives le 12 décembre prochain.

Synthese du mois d'octobre
Marchés : les actifs risqués continuent de progresser et les taux longs de se normaliser

L’appétit pour le risque a été alimenté par la réduction des incertitudes commerciales (un accord certes partiel et transitoire augmentera néanmoins la visibilité sur plusieurs trimestres) et la poursuite de la détente des conditions financières mondiales (baisse des taux en Inde, en Russie, au Brésil,…). Les taux longs ont néanmoins progressé pour le 2ème mois consécutif reflétant une convergence des attentes entre le marché et les banques centrales.

Aux Etats-Unis, la hausse des rendements a été au final très limitée, +3pb pour le T-Bond 10 ans à 1.69%, soit – 32pb sur 3 mois. En Zone euro, la normalisation a été plus sensible et le rendement de l’OAT 10 ans progresse de 18pb sur le mois à -0.10% et affiche une hausse de 9pb sur 3 mois. Les spreads italien et espagnol ont continué de se réduire. Sur le marché du crédit, après une performance satisfaisante en septembre, le HY s’est normalisé (son spread s’est écarté de 7.5pb vs. -4pb pour l’IG).

Les marchés actions ont continué de progresser pour le 2ème mois consécutif, le MSCI monde affichant une hausse de 2.6% en dollar. Les marchés émergents se sont distingués avec une hausse de 2.9% grâce à une forte hausse en Chine (+4%). Le S&P 500 affiche une performance légèrement inférieure (2%) tandis que l’Europe affiche les plus faibles performances (+ 0.9% pour le stoxx large et le CAC 40). Les valorisations ont progressé et elles sont repassées au-dessus de leur moyenne longue en Europe pour la 1ère fois depuis la mi-2018. Les pays émergents affichent toujours une décote.

Le pétrole termine le mois en baisse (-0.9%), mais malgré une forte volatilité, il oscille autour de 60 dollars par baril depuis l’été. L’or a bénéficié de la forte baisse du dollar (-2.3%) et des taux réels (-12pb sur 3 mois) pour progresser de 3%.

Achevé de rédiger le 4 novembre 2019.