• 21 juin 2019

LBO: LE DEAL-FLOW SE DENSIFIE

DEAL FLOW

LBO: LE DEAL-FLOW SE DENSIFIE

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Les sujets d’investissements actuellement à l’étude ne manquent pas pour les acteurs du LBO en France. Mais ces derniers ont en tout cas préféré s’accorder un peu de respiration depuis le début de 2019. Selon les relevés de Capital Finance, 102 buy-out ont été annoncés dans l’Hexagone entre janvier et mi-juin. Le volume d’opérations s’est donc clairement érodé par rapport à la même période l’an passé où 126 transactions avaient été signées. Mais ce constat n’est pas catastrophique en soi, puisque l’activité de la première moitié de 2019 est en ligne avec celles des premiers semestres de 2016 et de 2017. Par ailleurs, l’inquiétant premier trimestre avec son faible volume de sociétés mises en vente a désormais fait place à un franc rebond de marché.  Synthèse des deals en cours par secteur:

Quelques dossiers emblématiques animent actuellement le large cap. Labeyrie et Webhelp figurent sur cette liste. Pilotée par Bank of America et par la boutique américaine Robert Baird & Co, l’enchère portant sur l’expert des call centers a déjà atteint le stade du deuxième tour. L’offre émise par le duo Eurazeo-Rhone Capital a été sélectionnée, tout comme celle du Belge Groupe Bruxelles Lambert. Cette nouvelle transaction sur Webhelp pourrait porter la valorisation du groupe au-delà de la barre des 2Md$. Un ordre de grandeur à comparer avec les 200M€ d’Ebitda sur lesquels tablerait l’opérateur pour l’année 2019.

Le milieu des Ehpad alimentera aussi le haut du marché avec la conclusion prochaine de la cession de Domidep. L’épilogue de la vente du numéro cinq français des gestionnaires de maison de retraite, gérée par Edmond de Rothschild Corporate Finance, est en effet attendu début juillet. Cette vente devrait permettre d’y voir plus clair dans le bras de fer qui oppose I squares Capital à Bridgepoint, dans ce second round qui a notamment eu raison d’EQT et d’infravia. Le dossier est estimé à environ 1Md€.

Le secteur du tourisme est quant à lui peu représenté dans le deal-flow si on se réfère à l’effervescence retrouvée dans l’industrie. Par exemple, Seqens (ex-Novacap) se prépare à couper les ponts avec sa filiale Novacarb, spécialisée dans la fabrication de bicarbonate de soude. Les actionnaires du groupe procèdent en effet à un recentrage de leur participation dans le domaine pharmaceutique. Conséquence: Barclays a été mandaté pour gérer la cession de cette activité affichant 25M€ d’Ebitda pour environ 150M€ de chiffre d’affaires. L’industrie du BTP est aussi concernée par les mouvements en cours avec notamment la vente de Sateco (12,5M€ d’EBE), une participation de Bpifrance, BNP développement, Ouest Croissance, Arkéa, Siparex et Naxicap Partners. L’enchère en est à un stade très avancé et pourrait déboucher sur l’entrée au capital d’Equistone Partners Europe.

Une fois encore, l’industrie du buy-out pourra compter sur l’agroalimentaire. Car le nombre d’entreprises de ce secteur à la recherche de nouveaux financiers reste significatif. Labeyrie Fine Foods en fait partie. Ses actionnaires, PAI Partners et la coopérative basque Sur Berri, privilégieraient l’entrée d’un nouvel investisseur. Cela se traduit par la sortie intégrale du sponsor – détenteur de 50% de la holding de contrôle depuis le LBO de 600M€ mené en 2014 – et par le maintient de la coopérative du Sud-Ouest. La réflexion sur le devenir de la participation de PAI Partners intervient après cinq années de transformation. Le producteur d’aliments festifs a notamment enchaîné les acquisitions pour réduire sa dépendance au saumon fumé et au foie gras, ses deux produits phares. L’EBITDA qui se situerait à 96M€ fait miroiter une valorisation à près de 1Md€.

Source: Capital Finance