• 7 février 2019

MACROÉCONOMIE ET MARCHÉS – SYNTHÈSE DU MOIS DE Janvier 2019

synthèse janvier 2019

MACROÉCONOMIE ET MARCHÉS – SYNTHÈSE DU MOIS DE Janvier 2019

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Macroéconomie : la dynamique européenne continue de décevoir

Sur le plan de la dynamique économique, 2019 débute comme 2018 s’est finie, sur un note décevante et suspendue aux négociations sino-américaines. Hors surprise aux Etats-Unis, la croissance mondiale devrait s’établir proche de 3,5% (en PPA) en 2018, après 3,7% en 2017. En 2019, elle va devoir composer avec de nombreuses incertitudes et devrait graduellement ralentir vers les 3,2%. Néanmoins, à la différence du mois précédent, elle pourra compter sur une détente plus significative des conditions financières mondiales avec l’approche plus prudente adoptée par les banques centrales de nombreux pays.

Aux Etats-Unis, le « shutdown » historique a pris fin, au moins temporairement. Mais son impact se fait sentir : les chiffres de PIB du 4ème trimestre n’ont pas encore été publiés et l’impact sur la croissance du 1er trimestre devrait être sensible de l’ordre 0,2ppt. Au-delà, ces crispations n’augurent rien de bon pour le plafond de la dette. Le marché de l’emploi est resté robuste et ne s’accompagne pas de pressions inflationnistes excessives. Cela a permis à la FED d’adopter un biais plus accommodant dans la conduite de sa politique monétaire : la guidance sur la hausse des taux disparaît et elle est disposée à modifier l’ajustement de son bilan si nécessaire. Un statu quo sur l’ensemble du 1er semestre est très probable.

En Zone euro, le rebond de la croissance au 4ème trimestre a déçu à 0,2% en rythme trimestriel. Si la croissance française a surpris, à la marge, (+0,3% malgré un tassement de la demande domestique), l’Allemagne a déçu (0,1%) et l’Italie est retombée en récession (-0,3% après -0,1% au 3ème trimestre). A court terme, l’orientation des enquêtes de confiance PMI (l’indice allemand s’est contracté en janvier) ne laisse que peu d’espoir de voir la croissance rebondir rapidement. D’autant que l’approche des échéances politiques, à savoir Brexit et élections européennes, pourraient peser sur la confiance. En parallèle, le reflux de l’inflation se poursuit (1,4% sur un an en janvier). Si la BCE a commencé à adoucir son discours, il est probable qu’elle profite de l’actualisation de ses prévisions en mars pour infléchir plus significativement discours et politique.

En Chine, la croissance a continué de ralentir à 6,4%, ce qui permet néanmoins à la croissance annuelle de rester supérieure à son objectif (6,6% vs. 6,5%). La banque centrale a poursuivi la détente de sa politique monétaire (baisse des réserves obligatoires, swap d’obligation bancaires perpétuelles contre des titres du trésor).

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Marchés : fort rebond de l’appétit pour le risque et des actifs risqués

Avec le rebond de l’appétit pour le risque nourrit par la détente de la communication de la FED et les espoirs d’avancées sur le front de la guerre commerciale, les actifs risqués ont fortement rebondi en janvier malgré le maintien d’un momentum macro décevant.

Aux Etats-Unis, alors que les pressions inflationnistes n’apparaissent pas excessives, la nouvelle prudence de la FED a permis aux rendements du T-Bond à 10 ans de poursuivre leur détente. Néanmoins, les taux longs ont déjà corrigé une grande partie de leur excès de 2018, la baisse s’est ralentie (-5pb à 2,63% vs. -50pb sur 3 mois) et la pente 2/10 ans, à l’origine de craintes de récession, s’est stabilisée. En Zone euro, la détente a été plus importante sur des déceptions macroéconomiques (croissance, PMI) et un recul de l’inflation et l’OAT 10 ans abandonne 15pb sur le mois revenant à un plus bas depuis 2016. Le spread italien est resté stable malgré une hausse en dernière semaine. Sur le marché du crédit, les performances ont été très positives, notamment pour le segment le plus risqué. Ainsi, le crédit HY affiche un recul de près de 45pb en janvier (soit le tiers de sa hausse en 2018) qui lui permet de surperformer aisément l’IG.

Après la correction de fin d’année-début janvier, les marchés actions ont fortement rebondi, le MSCI monde (en dollar) progresse de 7,6%, dans un contexte de baisse continue de la volatilité revenue sur ses niveaux de l’été dernier. En monnaie locale, c’est le S&P 500 qui affiche la meilleure performance sur un mois, près de 8% (sa meilleure performance mensuelle en janvier depuis 3 ans) suivi de près par les marchés émergents qui ont bénéficié de la baisse des conditions financières et du recul des craintes commerciales. L’Europe vient ensuite avec +6% pour le Stoxx large et le CAC 40. Parallèlement, les attentes de bénéfices pour 2019 ont continué d’être revues à la baisse des 2 côtés de l’Atlantique et les valorisations à 12 mois ont fortement rebondi (mais seuls les Etats-Unis repassent au-dessus de leur moyenne). En relatif, la décote des émergents par rapport aux pays riches s’est quasiment refermée.

Après avoir baissé de 20% en 2018, le pétrole (Brent) s’adjuge 15% en un mois (baisse de la production des pays producteurs, ralentissement du nombre de nouveaux forages aux Etats-Unis, Venezuela).
Achevé de rédiger le 4 février 2019.