• 13 avril 2018

Le marché de l’art : le retour de la croissance

Le marché de l’art : le retour de la croissance

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Le marché de l’art se porte bien après une très bonne année 2017, les ventes de début d’année 2018 à Londres ont confirmé cette tendance. La très attendue vente de la collection Rockefeller chez Christie’s à New York les 8, 9 et 10 mai devrait mobiliser les acheteurs du monde entier et produire quelques records.

Jeanne Bastien, la Secrétaire Générale au Conseil d’Administration des Amis du Palais de Tokyo, nous livre les tendances du marché de l’art.

L’art pour Fair/e est une passion bien vivante, exprimée notamment au travers de l’engagement de Julien Magitteri dans le Tokyo Art Club, en faveur des artistes et de la création contemporaine.

La marché de l’art : le retour de la croissance

Le rapport annuel sur le marché de l’art de l’économiste Clare McAndrew pour Art Basel et UBS a été publié en mars.

Il est toujours très attendu car c’est le seul rapport qui présente des chiffres pour la totalité du marché de l’art : non seulement les résultats des maisons de ventes, mais aussi les ventes des marchands et des galeries plus difficiles à obtenir car non publiés. Par ailleurs, le rapport inclut l’art et les antiquités.

Le rapport 2017 montre un retour de la croissance du total des transactions à $63,7 milliards en hausse de 12%, ce qui est encore sous le record des $68 milliards réalisé en 2014, mais après deux années de baisse, ceci est une bonne nouvelle pour le marché de l’art.

Les Etats-Unis restent le premier marché avec 42% des ventes, suivi par la Chine à 21%, le Royaume-Uni à 20% et la France à 7%.

Il est intéressant de constater que les ventes privées des marchands et des galeries restent majoritaires et représentent 53% du marché, alors que les résultats des ventes publiques sont pourtant les plus médiatisés.

La place des foires pour les marchands est considérable et continue de progresser. Les marchands réalisent ainsi 46% de leur chiffre d’affaires lors des foires, soit $15,5 milliards en hausse de 17% par rapport à 2016. Cette tendance va continuer et la présence dans les grandes foires internationales telles que Tefaf Maastricht ou Art Basel est devenu indispensable pour les galeries.

Si l’on s’attarde maintenant sur les chiffres des maisons de ventes, on constate que le marché de l’art d’Après-guerre et Contemporain reste prépondérant avec 46% du marché en valeur (en baisse par rapport à 2016 où il représentait 52%), suivi par l’Art Moderne en progression à 27%. Viennent ensuite les Impressionnistes à 17%, et enfin les Maitres Anciens à 10% dopés par la vente exceptionnelle du Salvator Mundi de Léonard de Vinci. En effet, la vente record à un niveau jamais atteint de $450 millions de cette œuvre en novembre chez Christie’s a fait prendre conscience aux intervenants que le marché est en plein bouleversement.

Le marché de l’art : en plein bouleversement

En effet, de nouveaux types d’acheteurs ont émergé récemment. Ce sont les musées du Moyen-Orient ou d’Asie qui vont devoir dans les années à venir remplir leurs salles avec des œuvres d’artistes majeurs dans le but d’attirer un public nombreux.

L’annonce début avril à Paris par l’Arabie Saoudite, de la construction d’un musée de stature internationale, deux à trois fois plus grand que le Louvre Abu Dhabi, confirme cette nouvelle tendance. Il est donc probable que nous reverrons des prix similaires, voire plus élevés, dans les années à venir pour des œuvres exceptionnelles.

Sur le marché de l’art d’Après-Guerre et Art Contemporain, les trois plus importantes enchères ont été réalisées par Jean-Michel Basquiat ($110.5 millions), Andy Warhol ($63.3 millions) et Cy Twombly ($52.89 millions). Parmi les artistes vivants, Gerhard Richter conserve sa première place en réalisant le plus gros chiffre d’affaires annuel avec $107 millions en 2017, le seul artiste français du top 20 est Pierre Soulages qui arrive à la 14ème place avec un chiffre d’affaire autour de $20 millions.