• 9 février 2018

Une correction boursière qui dessine de nouvelles orientations

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Une correction boursière qui dessine de nouvelles orientations

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Lundi dernier, Wall Street corrigeait, le DJ perdait 4.6% et le Nasdaq 3.8%.
Vos patrimoines sont comme Rome, ils ne se sont pas faits en un jour, ils sont le résultat d’une patiente construction, la votre, ce dont nous sommes les gardiens. C’est pourquoi nous avons pris le temps d’analyser les mouvements qui ont secoué les marchés boursiers ces derniers jours, pour vous livrer des perspectives qui ne dessinent aucune forme d’inquiétude.

Nous profiterons de cette baisse de marché pour nous repondérer sur les marchés actions européens, sur des sociétés que nous maitrisons, tout en restant prudents sur le marché du crédit (et en utilisant des couvertures contre les hausses de taux, réelles mais modérées, à venir), en cohérence avec notre analyse des marchés de début janvier (confirmant ainsi notre stratégie d’investissements du S1 2018).

LA SITUATION IDÉALE POUR LES MARCHÉS DE « CROISSANCE NON INFLATIONNISTE » EST-ELLE REMISE EN CAUSE ?

Le « flight to security » (arbitrage vers la sécurité) vers les Bons du Trésor a fait tendre les taux, si bien que le rendement du 2 ans US a rattrapé celui des actions US. Le retour de la hausse des salaires pourrait inciter la Réserve fédérale américaine à augmenter ses taux plus rapidement que prévu.

PRENONS DU RECUL

Cette tension sur les salaires était attendue depuis des années.
Jusqu’à présent et malgré un taux de chômage US au plus bas depuis le début du siècle (4.1%), ceux-ci ne progressaient pas. Si elle se confirme, la hausse des salaires aux Etats-Unis est une excellente nouvelle économique.

L’explosion de la volatilité (indice VIX) est liée aux débouclements de positions qui concernent les investisseurs qui avaient vendu de la volatilité (le VIX était au plus bas historique en janvier) et qui doivent déboucler leurs positions en vendant massivement les titres liquides (actions, ETF…) pour faire face aux appels de marge. Ce qui a alimenté la baisse des indices actions lundi soir aux Etats-Unis.

La Maison Blanche a rappelé que les fondamentaux de l’économie étaient solides et que le Président se préoccupait de la croissance à long terme, elle-même considérée exceptionnellement solide.

La normalisation sur le front de l’inflation et le resserrement du crédit semblent non seulement naturels, mais par ailleurs surmontables dans la mesure où la croissance économique et les profits des entreprises restent favorablement orientés.

A mi-parcours de la saison des résultats américains du quatrième trimestre, pratiquement 80% des entreprises ont dépassé les attentes, avec une croissance des bénéfices par action de 16%.

A court terme, la volatilité risque de rester forte et il est impossible d’affirmer que la baisse est terminée.

LE RETOUR DE LA VOLATILITÉ !

Après une année 2017 qui a vu une volatilité historiquement faible aux Etats-Unis, une hausse marquée des marchés actions, des taux longs restés stables et l’euphorie gagner les crypto-monnaies, le réveil est brutal ! Pourtant les raisons de rester confiant, particulièrement sur la zone Euro, restent nombreuses.

LA FAUTE AUX FONDS SYSTÉMATIQUES ?

La baisse violente observée en début de semaine à New York peut-elle s’expliquer par l’influence grandissante des fonds systématiques dans le marché ? Malgré une journée de lundi relativement calme auprès des investisseurs long-only, l’activité sur les bureaux dédiés aux fonds « Global Macro » (contrats futures, trackers/ETFs et produits dérivés) a été très importante. Par ailleurs, la dispersion observée dans les marchés et la rotation vers des actifs plus sûrs confirment que le mouvement n’est pas apparenté à une panique généralisée.

UN RÉVEIL SALUTAIRE SUR LES TAUX

Alors que les taux courts américains sont toujours à des niveaux très bas (Fed Funds : 1,25-1,50), le retour de l’inflation salariale américaine (2,9%) a poussé les marchés à anticiper une hausse des taux courts plus rapide qu’attendue. Bien sûr, ce mouvement pousse à s’interroger sur la valorisation des actifs américains (longtemps justifiée par des taux bas).

Deux points positifs toutefois : d’une part, la pression baissière sur la devise américaine devrait refluer par l’attractivité de ses taux ; d’autre part les actifs européens devraient surperformer car les taux de la zone Euro restent très bas et sont moins pénalisants pour les marchés actions.

Cette normalisation de la politique monétaire nous ramène vers un monde plus sain pour les années à venir.

MARCHÉS ACTIONS : FAVORISER L’EUROPE

La violence de la correction récente (plus de 8,5% de baisse sur le Dow Jones), mêlée à la débâcle des crypto-monnaies, a réveillé la notion de risque pour les investisseurs.

Pourtant, une prise de recul montre que la performance des marchés américains reste impressionnante (+24% sur ce même indice sur un an) et qu’ils restent généreusement valorisés. Pas de panique mais pas non plus d’opportunités massives sur ce marché.

En revanche, la baisse conjointe du marché européen est une source d’opportunité : avec une macro-économie en pleine expansion (le marché table désormais sur une croissance 2018 à 2,2% après 2,4% en 2017), une forte confiance des chefs d’entreprises, une vague d’innovation forte et un niveau de taux d’intérêt très stimulant pour l’économie et loin de peser sur les valorisations, tous les signaux sont au vert. Si l’euro se stabilise, le panorama sera très positif sur les marchés actions européens.

Sources : CIC Securities, Financière Arbevel, Fair/e